
La rentrée, c'est choisir un cartable, des crayons de couleur, des cahiers à remplir avec une belle année pleine de promesses. C'est un peu de nostalgie des vacances, mais aussi le plaisir de retrouver les copains et copines, et de leur raconter l'été...
C'est le souvenir qu'on en garde devenu adulte, c'est ce que tout enfant devrait vivre au fil de sa scolarité.
Avec l'interview de Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale et porte-parole du gouvernement, et au travers de différents reportages, témoignages et portraits, nous faisons le point sur cette rentrée. Des progrès ont été réalisés, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que chaque enfant puisse être accueilli et accompagné dans le milieu scolaire lui convenant le mieux, où il pourra apprendre tout en s'épanouissant.
L'école, surtout dans le primaire et le secondaire, est par essence une normalisation du plus grand nombre par l'éducation. Dans notre société ainsi formatée, il n'est pas rare que l'adolescent et l'adulte rêvent ensuite de se fondre dans la masse, d'être comme les autres (les phénomènes de mode en sont un exemple).
Nous sommes bien loin, dans cette éducation collective, de "l'éloge de la différence", puisque nous apprenons à cultiver nos ressemblances plus qu'à conjuguer nos différences.
Le plan même de l'intégration dans l'Éducation nationale va bien au-delà de l'insertion de l'élève ou de l'étudiant handicapé. On peut en effet se demander si la vraie difficulté n'est pas tant d'insérer des personnes différentes (nous tous, en somme) dans un système normatif, que de modifier le système éducatif en général afin qu'il s'adapte le mieux possible à l'être humain, dans le respect des similitudes et des différences quelles qu'elles soient - que la personne soit handicapée ou non. Ce système à repenser devrait intégrer l'être dans sa globalité, sans oublier (rêvons un peu !) joie, jeu et plaisir...
Bien que, parmi les personnes handicapées, 20 % seulement le soient de naissance, cette difficulté d'accessibilité au monde de l'éducation se retrouve ensuite dans le monde du travail. C'est pour cela que, depuis le premier numéro du magazine, nous mettons en valeur les actions des entreprises qui militent en faveur de l'insertion. Il y a dix-neuf ans, seules une dizaine d'entreprises menaient de réelles actions. Le fait de réaliser des reportages auprès des personnes accueillies et accueillantes, des encadrants, de montrer ce qui était réalisable, tout en partageant de bonnes pratiques, a aidé à ce qu'aujourd'hui plusieurs centaines d'entreprises manifestent cette exigence. Si vous êtes en recherche d'emploi, n'hésitez pas à contacter les entreprises qui se retrouvent dans nos colonnes.
Et n'oublions pas que la reconnaissance de la citoyenneté est de permettre l'accessibilité à la scolarité, à l'emploi, à la cité, au logement, donc aux transports, aux loisirs, à la culture et à l'information. C'est également la réalisation de ses désirs et de ses rêves, comme nous l'avons développé dans le Guide de l'accessibilité à tout pour tous.
Je citerai pour terminer le philosophe Philippe Mérieu qui, dans l'un des reportages figurant dans ce même guide, prône un système éducatif capable d'accueillir "des enfants extraordinaires en milieu ordinaire", afin "de tricoter ensemble les droits à la différence et à la ressemblance".

